L'association

Le Patrimoine de Fécamp

Fécamp aujourd'hui

Fécamp demain

Le mot du Président

Janvier 2008






En ce début d'année 2008, c'est avec le plus grand plaisir que nous formons des voeux pour vous-même, vos proches et toutes les personnes qui vous sont chères, mais, tous ensemble, avons une pensée très forte pour tous ceux qui sont dans la douleur, la misère et la violence.

Pensons aussi à notre Association. Quelle a été l'année 2007 ?

Faite de satisfactions, d'espoir, mais aussi de déceptions, elle restera en tous cas déterminante dans ce que nous devons considérer comme une obligation. Plus que jamais les évènements nous obligent à être engagés pour la défense du Patrimoine.

Nous nous appuierons sur quelques adages et proverbes pour en faire le récit. par exemple :

« Sur tout à la fois. je vais couler l'airain.
Rien n'est fait aujourd'hui. tout sera fait demain »

Oui , nous sommes résolus et nous croyons à l’avenir, mais amers en même temps quand le Tribunal Administratif de Rouen rejette notre recours concernant l’annulation du permis de démolir de la boucane du 62 rue Herbeuse,  « considérant que l’intérêt invoqué par notre association n’était pas de matière à nous donner qualité pour faire cette demande ». Nos statuts sont pourtant précis à ce sujet. Le Tribunal Administratif a statué sur la forme et non pas sur le fond.

Cette boucane est maintenant exposée à la démolition pour satisfaire la construction de 32 logements sur une hauteur de 16 mètres. La pétition de plus de 50 riverains n’a pas été prise en compte. Ils n’ont d’ailleurs jamais été entendus par la Mairie.

Elle sera démolie, le maire ayant signé le permis de démolir le 15 décembre 2004. Pourtant. le comité d'études de la ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural et d'Urbanisme Paysager), présidé par le premier magistrat de la ville avait, dès le mois de juin 2004 qualifié la boucane « d’intérêt architectural », puis confirmé en 2006 qu'elle était de « grand intérêt architectural » ! Paradoxe !
Comment, dès lors, comprendre le maintien de la décision de démolir ?

Il y avait un beau projet de réhabilitation faisant appel à l'intelligence du coeur et de l'esprit. L'intention d'un projet de remplacement a été présentée au Tribunal Administratif. Cela pouvait se faire par l'intervention d'une Société d'Economie Mixte. La rénovation du quartier St Jacques à Dieppe en est l'exemple.

Peut-on être Fécampois de souche (né, natif) comme on dit. et ignorer un patrimoine qui est le cadre de toute une vie et qui plus est ne pas prendre en compte un site représentatif des valeurs authentiques, qualités qui font le charme de notre cité et la différencient des autres villes normandes ?

Amers ? Certes, car nous sommes devant une situation qui nous paraît maintenant irréversible, mais plus que jamais décidés à remettre sur l'enclume notre travail, considérant que si rien n'est fait aujourd'hui. par notre action demain sera mieux. Notre démarche vers le Tribunal Administratif permet de dire que rien ne sera plus comme avant.

Parmi les grandes satisfactions avec nos sorties, nos rencontres, nous pouvons citer le succès de notre dernière édition « Il était une fois un Port » de Jean-Pierre Balier. Mais 2007 restera gravée dans nos activités par le colloque « Fécamp, sépultures des Ducs de Normandie » (voir par ailleurs). Nous sommes en phase avec notre devise : « Connaître d'où l'on vient pour savoir où l'on va ». Voilà qui est important dans le respect de l'héritage de nos aînés. Nous avons honoré Fécamp, Ville d'Art et d'Histoire.

Dans le domaine des attentes, certes il n'est jamais trop tard pour bien faire, mais le temps perdu ne se rattrape jamais. N'est ce pas la règle de base de toute bonne éducation  ?

Cela nous amène à « Fécamp, dès demain ». Nous sommes acquis à cette idée lancée en 2002 : 5 ans déjà sans décision. Nous souhaitons sa réalisation, et pour cela nous voulons participer. II nous est désagréable d'entendre dire : « Et ton Fécamp aprèsdemain ? ». La dernière réunion de décembre 2007 a mis en avant des projets réalistes pour l'avenir du nouveau casino. Une meilleure écoute des avis autorisés aurait permis de gagner beaucoup de temps. et en particulier les réserves faites par l'association Ecorefe. Sur beaucoup de sujets notre Livre Blanc est par ailleurs à prendre en compte. N'est-ce pas là que résident les règles de la démocratie participative prônées par nos Ediles ? Il n’est pas trop tard pour bien faire, et enfin lancer le casino.

Par contre, nous pouvons craindre que le temps perdu depuis le lancement de « Fécamp dès demain» ne nous mette pas en position dynamique face a la concurrence des autres cités normandes en matière de tourisme.

Fécamp n'avance pas dans ses projets d'aménagement : faute d’un plan d'urbanisme, la Ville étouffe de son problème de parking récurrent depuis plus de 15 ans. Nous assistons actuellement à un affrontement pour l'installation de grandes surfaces. « Il faut arrêter l'hémorragie commerciale », nous dit-on. Certes, le projet « centre-ville » est réaliste : le nouveau centre commercial Maupassant sera la plaque tournante, Ville-haute, Ville-basse. La C.C.I. et les commerçants sont les premiers à en avoir eu l'idée. C'est la réussite d'un bel exemple de consensus : stile de Fecamp/CCI, mais le temps perdu est bien perdu. Combien de projets ont été avancés et abandonnés depuis des années ?

Ecouter, entendre et agir, formons tous ensemble ce voeu.

Bien sincèrement.


Jean-Claude OMONT
Président



EDITORIAL

Projets d'ouverture.

Bien avant que Fécamp ne reçoive le label de « Ville d'Art et d'Histoire », l'Association des Amis du Vieux Fécamp, qui va fêler son centenaire l'année prochaine, avait mis tout en oeuvre, suivant ses possibilités, pour que nos concitoyens prennent conscience de l'importance du patrimoine architectural de leur cité, aussi bien du côté de l'Abbaye médiévale que du côté du port avec ses rues bordées de maisons de pêcheurs, témoignages de l'intense activité maritime qui y régnait au XIXe siècle.

Fécamp, ville d'Histoire :

Nous savons le rôle important qu’a pu jouer Fécampdans le passé et, avec enthousiasme, nous avons collaboré à la promotion du Colloque planifié par l'Association des Amis de l'Abbatiale les 9 et 10 novembre dernier.

Le sujet de ce colloque: « Fécamp et les sépultures des Ducs, Rois dAngleterre » a permis aux curieux de notre histoire d'écouter avec intérêt dix-huit conférenciers venus d'Universités telles que : Angers, Caen, Le Havre, Paris, Poitiers, Rouen et aussi du King's College de Londres.

Ces intervenants, qui ne connaissaient pas tous notre ville, ont été séduits. malgré quelques conditions météorologiques défavorables. par le charme de notre baie et de notre campagne, charme reconnu par les Ducs de Normandie Richard I et Richard II, eux-mêmes, il y a quelque mille ans, puisqu'ils y avaient fait construire leur « résidence secondaire » et avaient voulu y reposer pour leur dernier sommeil.

Projets de l'Association :

Une association vivante a toujours des projets qu’il faut préparer : c'est ainsi qu'en 2009, avec l'accord de la municipalité. les Amis du Vieux Fécamp recevront la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie pour un congrès portant sur le sujet des : « Pèlerinages et lieux de pèlerinages en Normandie ». Nul doute que le thème du Précieux Sang qui fit la renommée de notre Abbaye ne suscite l'enthousiasme des conférenciers et ne fasse venir de nombreux auditeurs.

Et pourquoi n'aurions-nous pas d'autres projets hors frontières ? Pourquoi dans le cadre INTERREG France Angleterre, ne nous nous inscririons pas dans un programme cofinancé par le FEDER ?

Nous renforcerions ainsi le sentiment d'appartenance à un espace de coopération transfrontalier ayant des caractéristiques communes et des enjeux identiques. Nous tisserions au cours de ces années 2000 un partenariat pour un développement culturel et partant de là, économique. Notre passé nous le rappelle :

Des liens étroits unissaient déjà Fécamp à Rye et à Winchelsa, deux ports actifs de la côte anglaise sous le règne de Richard Il. Le roi anglais Ethelred, beau-frère de ce dernier et venu se réfugier au Palais ducal lors de l'invasion danoise, en avait fait don à l'Abbaye. Un peu plus tard, le roi Edouard le Confesseur qui avait été éduqué par notre second Abbé, Jean de Ravenne, avait offert Steyning et Hastings. Nous savons par le Domesday book commandé par Guillaume le Conquérant que l’Abbaye faisait partie des premiers tenants en Angleterre.

Aujourd'hui, les Associations anglaises culturelles de ces villes sont toutes prêtes à se joindre à nous pour la réalisation d'une opération commune.

Ainsi, à notre mesure associative, sans qu'on puisse nous reprocher une vision passéiste alors que notre approche est d'intérêt historique, nous pourrions renforcer les outils de connaissance mutuelle avec nos voisins britanniques, par le partage de thématiques communes.

C. Chauvin