L'association

Le Patrimoine de Fécamp

Fécamp aujourd'hui

Fécamp demain

Lettre semestrielle

Janvier 2014


EDITORIAL PAR YVES DUBOYS FRESNEY

La guerre mondiale de 1914-1918, aussi appelée « La Grande Guerre », a été la plus grande tragédie de notre histoire.
Lorsque les ordres de mobilisation sont donnés, tout le monde pense que celle-ci sera courte et que ce sera la dernière ; en réalité elle durera plus de quatre années – du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918 - ; elle sera très meurtrière parmi les soldats et parfois les civils, aux quatre coins de l’Europe et aussi du Monde.


L’équilibre européen était alors plutôt fragile avec des antagonismes – franco-allemand en Alsace-Lorraine, austro-russe dans les Balkans - ; et puis les alliances – Allemagne et Autriche d’une part et Russie Angleterre et France d’autre part – qui étaient censées apporter des garanties de paix, en fait elles provoquèrent une généralisation immédiate du conflit.


Cette guerre 1914-1918 a été un évènement majeur et a eu des conséquences importantes sur notre histoire ; plus rien de ce qui était avant, ne le sera après, la vie de tous les jours, les mentalités, les arts, la littérature etc… ; ayant pris naissance à partir d’un fait politique qui n’aurait pu être qu’un fait divers, l’assassinat le 28 juin 1914 de l’archiduc d’Autriche par un serbe, aussitôt, dès le 23 juillet 1914,  l’Autriche-Hongrie lance à la Serbie alliée des Russes un ultimatum;  à Paris, Jean Jaurès est assassiné le 31 juillet, trois jours plus tard, ce sera la déclaration de guerre ; l’enchainement des évènements fut par la suite irréversible, non maitrisable, avec au fur et à mesure l’entrée en guerre de tous les pays du monde ou presque, la création de deux clans qui s’affronteront pendant 4 ans ; puis il y eut l’enlisement du conflit dans les tranchées, les sursauts meurtriers des uns et des autres, et enfin l’arrêt rapide des hostilités, à Rethondes le 11 novembre 1918, dès l’entrée des troupes alliées sur le territoire allemand ; par la suite le fameux traité de Versailles qui fit couler beaucoup d’encre : celui-ci n’aurait finalement jamais été accepté par le peuple allemand – le Diktat – et il aurait provoqué en Europe au bout de 10 ans la crise économique de 1929, favoriser la montée de l’hitlérisme, et au bout de 20 ans l’arrivée d’une nouvelle grande guerre…


Il faut malheureusement retenir de cette guerre 1914-1918 son aspect meurtrier (1 850 000 pour notre seul pays) beaucoup plus que la guerre précédente de 1870, avec l’arrêt brutal et quasi-total d’une génération de jeunes hommes partis au front pour régler rapidement la « der des der ».


Et à Fécamp, que s’est-il passé ? Les combats de la Somme, les plus proches, sont à moins de 200 km ; Fécamp reçoit le passage des troupes belges ; et puis accueille les soldats au repos, également ceux blessés ou gazés ; ces derniers sont soignés à l’hôpital général mais aussi dans les établissements provisoires installés au casino municipal ou dans les locaux de la Bénédictine (hôpital auxiliaire numéro 34)
Les personnes qui décèderont à Fécamp des faits de guerre, environ cent cinquante, y seront enterrées dans les carrés militaires du cimetière ; de nombreux monuments ou plaques, en ville et dans les deux églises célèbreront leur mémoire.


Tout au long de l’année 2014, de nombreuses manifestations auront lieu pour commémorer le centenaire de ce drame, pour porter à nouveau à notre mémoire des faits ou situations de ce moment-là, de l’existence de parents et aussi d’inconnus qui ont combattu pour notre liberté, qui ont péri par devoir pour notre pays. Tous les départements du Nord et de l’Est de la France sont concernés par des itinéraires de mémoire : la bataille de la Somme, la crête de Vimy en Nord Pas de Calais, Ypres en Belgique, le chemin des Dames dans l’Aisne, la bataille de la Marne, la butte de Vauquois en Argonne, la bataille de Verdun où selon le devise « On Ne Passe Pas ! » ; et puis partout ailleurs les expositions, documentaires et publications seront nombreux.


Soyons attentifs à tout ce qui nous sera présenté, essayons de mieux comprendre les faits de cette guerre, également les prémices, les causes antérieures ainsi que les effets postérieurs, avec toutes les conséquences au cours de l’entre deux guerres.
Tous ces morts, dans tous ces cimetières, ont agi par volonté, conviction et  respect, pour leur pays qui est le nôtre, pour leur liberté et pour la nôtre aussi ; de tout ce qui a été alors accompli, il nous faut garder souvenir et reconnaissance.

Yves Duboys Fresney





LE MOT DU PRESIDENT

NOS AMIS BELGES EN PAYS DE CAUX

Nous en avons tous en France et dans le monde, mais il y a ceux du Pays de Caux.

Mon propos sera court, pourtant, allez-vous dire, il y a beaucoup d’intérêts à parler de relations communes.

LE CENTENAIRE DE LA GUERRE 1914-1918 nous donne l’occasion de revenir sur une belle histoire, qui existe toujours ô combien, et qui n’est pas prête de s’arrêter. La raison en est simple. Ils sont nos amis, mais d’autres ne sont-ils pas nos parents ? Il coule dans les veines de cauchois beaucoup de sang belge devenu un sang franco-belge.

Cette tragédie qui va bouleverser le Pays et changer le monde aura au moins fait naître cette union historique et durable. De jeunes soldats belges se regroupent pour s’organiser, s’entraîner pour mieux repartir et ainsi participer à l’action qui amènera la victoire finale. Il s’en est suivi l’Amicale Franco Belge, aujourd’hui encore toujours très dynamique, présidée avec maîtrise par Mme Héléna LAURENT VISPOEL. Il va être beaucoup parlé, écrit, raconté, démontré la présence et l’action des soldats alliés en France, et bien sûr en Pointe de Caux, des Amis Belges, ce qui est bien et représente une valeur historique.

Mais à notre échelle aujourd’hui et à l’intérêt que nous portons au Patrimoine sous toutes ses formes, il s’offre à nous de servir l’esprit d’un patrimoine IMMATERIEL. En 1972/1973 dans un bulletin nous avons présenté sous la plume de MF ROGERS, « l’Odyssée belge en 1914 ». Tout au long de l’année 2014 nous vous proposons de nous regrouper autour d’actions communes. Le programme vous sera communiqué.

L’épopée belge est nationale. L’odyssée belge est celle de nos amis en Pays de Caux. Elle est aussi la nôtre.





DISCOURS DU DOCTEUR DUFOUR

   
Le  24 juillet 1921 le docteur Léon Dufour, Président des Amis du Vieux Fécamp et du Pays de Caux a inauguré une plaque commémorative dédiée aux Membres de l’Association morts pour la France.
Très simple, très discrète, cette cérémonie fut extrêmement touchante.
Nous citons le Président Dufour, parution dans le Bulletin de 1921 :

Mesdames, Messieurs,

L’Association des Amis du Vieux Fécamp se devait à elle-même d’adresser un pieux hommage de reconnaissance à ceux de ses membres qui furent fauchés dans les rafales de la grande guerre. Cette dévotion que nous devons à nos glorieux morts au champ d’honneur ne saurait, en aucun temps disparaître et, en toutes circonstances, nous devons y revenir, car notre dette envers eux demeure infinie.

N’oublions jamais que, grâce à eux, l’ennemi séculaire et impénitent a été chassé hors du territoire et qu’il fut, une fois de plus, établi que nulle force au monde n’est supérieure au respect des lois et au patriotisme.

Ceux que nous venons honorer en ce jour sont partis, parfaitement conscients de l’immolation qu’ils faisaient de leur vie, sur l’autel de la Patrie. Quelque grands que fussent la douleur et le déchirement qu’ils éprouvèrent en s’arrachant aux étreintes de leur milieu familial, tous sentirent monter du fond de leur âme l’hymne sublime :

France, veux-tu mon sang ? Il est à toi, ma France !
S’il te faut ma souffrance,
Souffrir sera ma loi !
S’il te faut ma mort, mort à moi !
Mais vite toi,
Ma France

Et pourtant il n’en est pas un, parmi eux, devant lequel ne s’ouvrit le plus brillant avenir, à tous égards.

Saluons-les l’un après l’autre !


NE JAMAIS OUBLIER

Le 10 novembre 1918, le lendemain, les jours suivants et bien au-delà, l’allégresse s’est emparée du pays. Le soulagement a éclaté dans toute la France. Les choses sont ainsi, ce n’était pas pour oublier ceux qui avaient donné leur vie ou se retrouvaient mutilés à jamais.

LA FRANCE N’A PAS OUBLIÉ.

Depuis cent ans, les commémorations di 11 novembre ont été respectées. Notre association se joint volontiers aux manifestations les plus diverses pour marquer ce centenaire, mais elle se doit et elle se fait un devoir de rappeler la mémoire de ses sociétaires morts au champ d’honneur. Le rappel du discours du Docteur Léon Dufour lors de l’inauguration de la plaque commémorative en est le meilleur témoignage. Ils étaient jeunes ouverts vers l’avenir.

SACHONS NOUS EN SOUVENIR.



UN PEU DE COMPASSION


100 ans après, ayons un peu d’humanité pour tout un monde engagé dans une folie meurtrière voulue par quelques dirigeants aveugles dont l’histoire aura à retenir leur nom et responsabilité à tout jamais.
Ce conflit a engagé un monde de souffrances de part et d’autres des antagonistes et a été porté par des martyrs n’en ayant aucune responsabilité.
Beaucoup de récits en apportent la preuve, à l’exemple : « Les soldats adverses se parlent » Ils avaient ordre de se tirer au risque d’être fusillés.
Ils s’inscrivent tous sans distinction dans la mémoire collective du passé.


L’AMICALE FRANCO BELGE


Le souvenir perdure depuis 1920, réunissant Belges et Français anciens combattants de 1914-1918. Pourquoi et comment ?
Elle trouve ses origines et fait ses racines à travers les familles fécampoises ayant accueilli les jeunes recrues belges de la classe 14, d’où l’expression souvent entendue : « octobre 14 » pour les situer.
Elle modifiera ses statuts en 1935 sous l’impulsion des belges Arthur LAMPAERST et Paul VUISTHEKE afin d’ouvrir son accueil à tous les belges et descendants belges.
Dans les années 50 sa forme dans les statuts confirme qu’elle est entièrement …. et juridiquement « Amicale Franco Belge » ouverte à toutes les autres associations.
Elle est aujourd’hui présidée avec maîtrise par Mme LAURANT VISPOEL (à vérifier) depuis 1981. Flamande d’origine, originaire de GAND, infirmière libérale à Fécamp entre 1962 et 1984, elle a rejoint l’Amicale en 1968.
Bientôt 100 ans pour cette Amicale Franco Belge, toujours bien présente à Fécamp mais en même temps en parfaite harmonie et relation continue avec l’ensemble du courant franco belge en Pays de Caux.
Pour terminer sur une note affective, nous dirons  LA VAGUE AMOUREUSE est le fruit de ce que nous vivons aujourd’hui. 100 ans après – Les naissances ont fait cette fusion.
Les liens du sang, ça ne s’inventent pas