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ESPACE MAUPASSANT

(Décembre 2014)


Le centre commercial Maupassant est un fiasco, l’ouverture vers le centre ville n’apparaît pas. Les responsables savent pourquoi, la relation ville haute, ville basse n’existe pas. Cela a permis l’installation d’un ensemble commercial en périphérie, préjudiciable au centre ville. Aujourd’hui, fin novembre 2014, on constate avec plaisir une décoration couleur des panneaux qui masquaient l’ouverture de possibles enseignes. Le panneau « Super U » peut disparaître.


CENTRE COMMERCIAL MAUPASSANT

Les raisons d'un échec



Sa mise en œuvre était souhaitée et attendue non seulement par l’ensemble du monde économique, mais aussi par les consommateurs qui voyaient ainsi la possibilité de pouvoir acheter en grandes-surfaces au centre de la ville.

Ce Centre Maupassant s’inscrivait par ailleurs dans une nouvelle tendance de la Grande Distribution à ouvrir leurs magasins au centre des villes. Il y avait plusieurs enseignes intéressées. Il bénéficiait d’un emplacement particulièrement attrayant, offrant l’opportunité de créer une relation forte et inespérée entre Le Port, ville basse, et Le centre-ville, ville haute, agrémenté par ailleurs d’un panorama exceptionnel.

Pour expliquer la fermeture du SUPER U, il serait trop facile et injustifié de s’en prendre uniquement à l’ouverture de l’enseigne Leclerc.

Rappelons que l’idée de ce Centre commercial Maupassant était lancée depuis longtemps avant la mise en place d’une grande surface en périphérie, le centre-ville devant faire ses racines, établir sa notoriété et ainsi se donner les moyens de résister à la concurrence. Convenons qu’avec le retard pris, l’arrivée de Leclerc ne lui en a pas laissé le temps et a contribué à précipiter son échec..

Mais à qui la faute ? Certainement pas à l’enseigne retenue SUPER U présentant des résultats positifs dans ses magasins de la région.

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Les raisons sont plus profondes et obligent à les chercher dans ce que l’on peut appeler l’échec d’un aménagement faute de prise en compte de plusieurs règles, d’impératifs non perçus, non observés.

La relation «ville haute /ville basse», si elle existe dans la réalisation du Centre Maupassant, n’apparaît pas comme une harmonieuse incitation à déambuler dans un cheminement attractif passant du centre-ville au port en traversant le centre commercial. Les concepteurs sont passés à côté de cette idée majeure, liaison «ville haute/ville basse». Pourquoi cette incompréhension de l’objectif à atteindre, de l’ambiance à créer ?

Pour traverser le centre commercial, on est en présence de deux goulets, un pour voitures, l’autre pour piétons. Il faut vraiment vouloir pénétrer pour découvrir l’ensemble. Nous sommes loin d’une invitation à poursuivre la démarche ‘’découverte’’. Le baraquement ‘’provisoire’’ de la Poste devait être démoli ? (depuis combien de temps en parle-t-on ?) en ouvrant une voie sollicitant d’emblée le regard. La maison accolée à l’Hôtel du Commerce aurait dû être supprimée (l’architecte des Bâtiments de France, de l’époque, s’y est opposé pour des raisons qui lui appartiennent). La suppression de la demeure du n°12 place Bigot devait être négociée, et celle du n°14 devenait ensuite fort possible. On avait alors une vaste ouverture incitant à avancer tout en découvrant un panorama sur la Côte de la Vierge et le port.

Côté Boulevard de la République, ce n’est pas une invitation à une promenade, mais un parcours du combattant avec seulement un escalier, non pas un ‘’escalator’’ à paroi transparente, mais un escalier ressemblant plus à un passage de service qu’à un parcours ‘’découverte’’. Il y a bien deux ascenseurs mais ils sont d’une saleté repoussante et jamais entretenus au point d’être ressentis par nombre de personnes comme un ‘’parcours coupe- gorge’’.

Alors, pourquoi s’étonner de cette faillite d’une réalisation d’urbanisme, qui n’en a que le nom, qui va entraîner le départ d’enseignes, et en tous cas freiner l’arrivée de celles qui étaient attendues.
           
Il faudra vraiment beaucoup d’efforts et encore plus de réflexion et d’ingéniosité, pour que le Centre Commercial Maupassant trouve le dynamisme que l’on attendait et surtout ne devienne pas un point noir dans la ville.
Erreur du choix du promoteur ? Il serait alors souhaitable que le promoteur responsable en partie de cet échec ne soit pas retenu pour les projets du Grand Quai.

D’autres projets existaient, certainement plus cohérents. Le Livre Blanc «Patrimoine et Urbanisme», publié en 2005, rappelait que, depuis longtemps, on pensait à rendre ce secteur plus actif et pouvant mieux faire communiquer la ville haute et la ville basse (p. 102 et p. 103). Déjà, en 1992, avait été rendu public le projet ‘’Espace République’’, puis 10 ans après était présenté un nouveau projet que résumait le Livre Blanc (page 104) en ces termes :
« Un deuxième projet, sous l’appellation de « Complexe commercial d’agglomération » est présenté à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Fécamp, le 18 janvier 2002, lors de la réunion des Délégués consulaires. Il émanait de Commercités Jean-Pierre Piau avec Étienne Bernet, architecte D.P.L.G.
Le groupe Monoprix devait y entraîner à sa suite quelques enseignes nouvelles pour Fécamp, comme Casa, Nature et Découverte, C 1 A, Coelia et Lafarge maroquinerie. Un parking de 500 places caractérisait l’ensemble où avait été pris en compte le souci de faciliter la liaison ville haute et ville basse.
La présentation avait d’autant plus captivé les 150 personnes y assistant, essentiellement des acteurs économiques, qu’elle était faite par M. Jean-Pierre Piau, l’un des artisans de l’ Espace Coty réalisé en pleine ville du Havre et dont le succès se confirmait alors ».
Et il s’est largement confirmé depuis.

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Est-ce à dire qu’à Fécamp rien n’est possible ? Pourquoi ? Pour l’heure, c’est un gâchis que gardera en mémoire l’histoire de l’aménagement de Fécamp.

Pour la réalisation de leurs projets, beaucoup de villes aimeraient bien avoir les friches et tous les bâtiments disponibles que compte Fécamp. Ici, on parle beaucoup de démocratie participative : voilà de belles occasions de la mettre en œuvre. D’ailleurs, pour conclure, on peut rappeler que le Livre Blanc qui vient d’être cité n’avait pas d’autre prétention que d’y apporter sa modeste contribution.