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La stèle des déportés

Longtemps après la guerre, Monsieur Guérin un ancien instituteur a regretté qu'il n'y ait pas une stèle, où il pourrait se recueillir en souvenir de sa fille morte en camp de concentration, pendant que lui-même était prisonnier de guerre.
Il s'en était ouvert à Bernard Belloncle son président des P.G. de Fécamp.
De son côté, ma cousine Pochez éprouvait le même sentiment, et nous en parlions souvent.
Bernard Belloncle m'a demandé, étant président des Déportés du Travail, qui avait pris l'initiative de la stèle des D.T. La section de Fécamp avait financé ce petit monument.
Seule, la Municipalité pouvait se charger de réparer cet oubli or Bernard Belloncle se sentait mal placé pour faire cette démarche, par contre, étant en très bons termes avec Monsieur Jean Pierre Déneuve, le Maire de l'époque, nous avons décidé tous les deux, que je prendrai contact avec le Maire.
Monsieur Jean Pierre Déneuve a accueilli avec enthousiasme cette demande et m'a chargé de la réalisation du projet

« Carte blanche pour le prix, mais soyez raisonnable »

L'emplacement dans le carré militaire était tout indiqué, et y existait un socle de pierre percé d'un trou au centre pour recevoir un mat de drapeau.
J'ai donc cherché chez Monsieur Panel marbrier, une pierre de même grain.
Or peu de temps avant, j'avais visité le camp de Mathausen où il y avait une petite stèle aux Déportés français. Avec un dessinateur des Services techniques, nous nous sommes inspiré pour dessiner la stèle de Fécamp, la forme de la pierre tombale, le texte, et enfin en haut et à droite, le triangle symbole des déportés.
A Mathausen, le triangle était rouge, signe distinctif des « politiques» or je savais qu'à Buchenwald, où avaient été internés des camarades de ma baraque, des juifs portaient le triangle jaune.
Ayant relevé à l'état civil l'identité des déportés de Fécamp, je ne pouvais pas mettre l'un ou l'autre des triangles.
Avec Menuisement, mécanicien à la Ville.nous avons réalisé un triangle en fer forgé, il ne pouvait être noir, signe distinctif des Résistants allemands appelés les «Nacht und Nebel » (nuit et brouillard) ; alors le triangle a été formé de barres verticales, rappelant le costume rayé, enfin à la pointe inférieure le F des Français.
Le dosseret réalisé, les noms et le titre gravés, Monsieur Panel a scellé la pierre, mais il a remarqué que le trou central devrait être bouché par une flamme en bronze, mais le prix nous a obligés à trouver une autre solution.
Avec Menuisement, nons avons trouvé un bout de chaine, pour lui donner un mouvement symbolique, nous avons soudé les maillons entre'eux, lui au chalumeau, moi à la pince. Restaient les menottes, nous les avons trouvées dans des attaches de fixation d'échafaudage métallique de récupération.
Enfin terminé, j'ai présenté le résultat à Monsieur le Maire, qui m'a demandé le coût de l'opération.
Monsieur Panel offrait son travail en hommage aux déportés.


Guy Bellet